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Play the piano drunk / Like a percussion instrument / Until the fingers begin to bleed a bit

Il y a quelques mois, c’était la fin de l’été, j’étais à Paris dans l’appartement de Zoé Wolf, seule un dimanche soir. Je me souviens avoir pianoté un peu, puis regardé deux films de Chris Marker,« La jetée » puis « Sans Soleil », qui met en relation diverses cultures (la civilisation japonaise, la Guinée-Bissau le Cap-Vert…).

Inspirée par ces deux films et surexcitée à l’idée de partir en résidence à Kyoto, j’ai composé une lettre imaginaire du Japon destinée à une special friend. D’ailleurs je la lui ai remise quelques jours plus tard. En voici des morceaux choisis.

Hello crapaud,

1st week. I have wondered around the city a lot. I came here without any instrument, I am a witness of the human condition and now all I have to offer is myself and my thoughts!

(En fait j’ai emmené ma vieille guitare et plein de petits instruments. J’ai longtemps voulu tout laisser derrière moi et reprendre les choses à zéro, ne composer que sur un shamisen, construire autour de ces silences suggestifs que je fantasmais, ceux dont je parlais tant avant de partir… Puis j’ai craqué à la dernière minute. Je ne regrette pas.)

Autour de moi, plein de lattes de bois couvertes de caractères japonais non identifiés (ça, je confirme, il y en a plein). Il y a des tas d’images et de signes, de sons, partout. Dans les rues, je croise beaucoup de recalés du modèle japonais: clodos, hors castes (… non. J’ai trop lu Bukowski étant ado, c’est tout). Un soir dans un cimetière, des gens répandaient des litres de saké sur les tombes des morts (…Là encore, big no) .

Les gens lisent bcp ds la rue, debout, les gens dorment aussi debout, mangent debout, tout se fait debout. A la télé, les spots publicitaires sont drôles. Ne pas comprendre en rajoute à la jouissance. (la télé est dans le cagibi).

Dans ce bordel linguistique j ‘ai parfois l’impression hallucinatoire de comprendre le japonais. Je ressens ici la faculté de communier avec les choses, d’entrer en elles, être elles (Encore une fois, non et non. Les choses ne sont pas d’une évidence limpide. Ai eu quelques fausses épiphanies, en toc. J’attends… La seule fois où j’ai vraiment eu ce sentiment cette année, c’est -étrangement- en regardant par la fenêtre d’une chambre d’hôtel à Metz).

Sans Soleil, extrait ici: Sans soleil – Chris Marker

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